Nécessaire évolution des profils techniciens expert

L’AUTOMOBILE DE DEMAIN RECHERCHE SES TECHNICIENS, AUJOURD’HUI !

L’évolution technologique des véhicules a subi une accélération importante ces dernières années, poussée par plusieurs paramètres d’importance majeure:

  • La transition écologique qui nécessite que l’automobile évolue vers des énergies propres. Ce facteur  se concrétise notamment par une augmentation des modèles électriques ou hybrides chez l’ensemble des constructeurs. Certains  comme Volkswagen ont effectué un changement radical. Les évolutions nécessaires pour répondre à une société plus écologique et respectueuse de son environnement sont encore balbutiants. Les problématiques des ressources pour fabriquer les batteries de ces nouveaux véhicules restent nombreuses. Le réemploi de pièces de rechange reste aussi trop marginal, alors que la filière s’organise de plus en plus.
  • La fluidité de la mobilité. le véhicule automobile s’insère dans une offre de mobilité de plus en plus riche, complexe et qui tente de s’adapter aux besoins des déplacements des citoyens. Dans les zones les plus denses, la saturation du traffic atteint certainement une limite au développement de activités (voir étude V-traffic). L’apparition de systèmes d’aide à la fluidité du traffic (applications, système de localisation…) nécessite que le véhicule embarque de plus en plus d’outils connectés à son environnement pour guider le conducteur, prendre des décisions (freinage d’urgence, assistance à la conduite) et demain pour décider de manière autonome du trajet et des conditions de conduite.
  • Le troisième paramètre est celui de l’organisation interne des services confrontés aussi à des évolutions dans la relation client. La qualité de service est devenue un élément incontournable pour les services automobiles avec comme leitmotiv, la satisfaction client. En même temps la diversification des profils clients et de leur rapport au véhicule augmente, obligeant le service à s’adapter sans cesse. Pour certains le véhicule n’est plus un produit qu’on achète, mais un usage qu’on loue. Et cette tendance ne fera qu’augmenter dans les zones urbanisées où être propriétaire implique de nombreuses contraintes.

L’université PARIS-EST Marne la Vallée propose depuis déjà plus de 20 ans une formation licence dédiée aux aspects technologiques de la maintenance automobile. En partenariat avec l’ESPE de Créteil, cette formation avait notamment eu comme vocation de former et d’orienter vers les métiers de la formation automobile. Les étudiants allaient ensuite à l’ESPE préparer le concours CAPET ou CAPLP Génie Maintenance des véhicules pour ensuite enseigner dans les filières professionnelles. Après plusieurs évolutions et l’analyse des besoins dans les entreprises du secteur des services automobile, la formation devient une licence pro « Maintenance et Technologie : Systèmes Pluritechniques » avec le parcours « Equipements Electriques/Electroniques du Véhicules » (3EV). Ouverte à l’apprentissage, cette formation se veut être l’expérimentation vers des profils de référents experts nécessaires pour s’adapter aux changements actuels.

LE BESOIN DE REFORMER LA FORMATION INITIALE !

Actuellement pour devenir technicien expert dans les services automobiles il est nécessaire d’obtenir un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP), reconnu par la branche automobile, le CQP TEAVA qui reste une base pour l’ensemble des réseaux automobile. Cette formation TEAVA prépare au métier de Technicien Expert Après-Vente Automobile. Elle s’inscrit dans les grilles de classification de la Convention Collective Nationale des Services de l’Automobile. Le nombre de centre de formation préparant à ce CQP est relativement important justifié par des besoins croissants.

Quelques constats:

  • Cette formation est accessible au minimum après un BAC PRO Maintenance Véhicule.
  • Les compétences développées permettent d’effectuer le diagnostic d’un véhicule à l’aide d’outils informatiques développés par la construction automobile. Lors d’une défaillance sur la gestion électronique du véhicule, grâce aux informations relevées et à une analyse des systèmes incriminés, le titulaire du CQP décide des opérations d’interventions qu’il peut réaliser ou déléguer.

De notre point de vue, ces compétences spécifiques qui notamment comprennent des capacités d’analyses et de méthodes améliorées, relèvent plus d’un niveau supérieur que d’un niveau BAC. Il est donc illogique de ne pas reconnaître de manière diplômante le niveau d’investissement de ces jeunes. Un des principes des CQP est évidemment de garantir l’employabilité dans le secteur visé afin de répondre aux besoins de la profession. Cependant, certains commencent à imaginer que des profils extérieurs au secteur de l’automobile pourraient très bien s’adapter à ces métiers qui requièrent parfois plus de compétences informatiques que purement mécaniques. Donc l’ouverture de ces formations à des profils plus généralistes ou à des professionnels d’autres secteurs serait la bienvenue.

La résolution de pannes d’un système électronique ou automatisé répond à des protocoles différents de la résolution d’une panne purement mécanique. Ce qui amène souvent à considérer que ces pannes sont complexes. Ce vocable de « panne complexe » montre souvent le désarroi des services devant parfois la difficulté de percevoir l’origine de la défaillance. Afin d’avoir une certaine aisance sur ces problématiques, le technicien doit conforter une culture scientifique des phénomènes pour mieux comprendre sur quoi il peut agir et d’explorer les causes hypothétiques d’une défaillance détectée. Sur ce point, le niveau BAC PRO est évidemment insuffisant pour développer cette maîtrise.

L’organisation actuelle des métiers dans un atelier de maintenance répond, heureusement, à la plupart des interventions de maintenance. Cependant on s’aperçoit de certains écarts: temps d’immobilisation véhicule parfois trop long, compétences des techniciens mises à rude épreuve et nécessitant l’assistance des services techniques du constructeur ou prestataires, un manque d’innovation dans les services.

LES IMPONDÉRABLES POUR FORMER DES RÉFÉRENTS TECHNIQUES !

La formation 3EV est une licence professionnelle répondant aux quatre contraintes suivantes :

  • Augmenter les compétences d’analyse et de méthodologie d’intervention sur les systèmes électriques et électroniques du véhicule
  • Assurer un rôle de chef d’équipe pour guider et accompagner les interventions techniques
  • Assurer la communication technique avec l’extérieur (le client, les plateformes constructeurs ou équipementiers)
  • Effectuer une veille technologique afin d’assurer la mise à niveau du service et proposer des innovations.

Pour arriver à ces fins, la formation en plus de reposer sur des contenus proches de ceux du CQP TEAVA, développe:

  • une culture scientifique et technologique liée au véhicule et à son environnement (la place de cette formation dans l’offre d’une université qui se spécialise sur la question de la ville du future est évidemment une chance),
  • un projet d’étude relié à une situation d’entreprise
  • et des proximités avec les réseaux automobiles pour échanger sur les pratiques expérimentales (comme le partenariat avec BMW France)
Groupe 3 EV-2019

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